La corniche de Tamaris
Fort Balaguier au petit matin
Voici une petite balade reposante et facile, à faire le matin au lever du soleil. Elle offre un superbe point de vue sur le soleil levant autour des passes d’entrée du port, ou à tout autre moment de la journée. C’est même ma balade fétiche, que je fais très régulièrement. Autre avantage : on peut facilement la prolonger si on veut marcher plus longtemps.
Le départ peut se faire du fort de l’Eguillette, mais il n’est pas toujours facile de se garer ici, en bord de route. Ceci étant, cela permet de longer la petite baie de Balaguier. Au lever du soleil, c’est tout simplement magnifique… En amont de l’Eguillette, la vue sur l’arsenal d’une part et les grands bâtiments de la Marine à quai vaut le détour. Tout cela avec les monts Toulonnais en fond, du mont Caume au Coudon… Autre possibilité, se garer un peu plus loin, sur le parking avant le fort Balaguier. On commencera par admirer le Laborieux, ancien remorqueur des chantiers navals de La Seyne, qu’une équipe de passionnés bénévoles, surnommés les “Mousquefers”, œuvrent à restaurer depuis 2021.
Autre halte, après avoir dépassé le fort Balaguier. On peut aussi y admirer le lever du soleil, ainsi que les passes et Saint-Mandrier juste en face. On n’oubliera pas d’admirer le fort Balaguier à partir de ce point, ouvrage défensif de la rade de Toulon remontant au XVIIème siècle, avec le fort de l’Eguillette et la Tour Royale. Ils ont été construits sur ordre du Cardinal de Richelieu. C’est d’ailleurs du fort de Balaguier que sont tirés les coups de canon de salut, pour saluer un hôte de marque, ou lors des fêtes nationales.
On quitte alors la corniche Bonaparte, pour longer ensuite la corniche Michel Pacha, qui offre de beaux paysages tant côté terre que côté mer. Des magnifiques villas bordent le front de mer, d’architectures très variées, notamment orientale, mais pas seulement. L’Institut de biologie marine Michel Pacha, qui est rattaché à l’université Claude-Bernard Lyon 1 suite à un legs, est assez remarquable, mais en mauvais état. Un projet de restauration et réhabilitation est en cours et devrait voir le jour d’ici 2026… Plus haut, sur les hauteurs de la baie, domine la villa Michel Pacha, aussi connue sous le nom de villa Tamaris, aujourd’hui centre d’arts. Construite sur une surface de 3700 m2, la villa avait été construite pour sa première épouse, Marie-Louise Séris. Les travaux étaient restés inachevés au décès de celle-ci, en 1893. Plus de détails ici.
Côté mer, l’activité conchylicole, aquacole et ostréicole bat son plein dans la baie du Lazaret avec des allers-retours fréquents entre les bases logistiques à terre et les parcs à huitres et à moules. Les cabanes sur pilotis se dressent sur la mer, lui donnant parfois des allures exotiques. On y croise également des passionnés d’aviron profitant de la relative quiétude de la baie.
Un ambitieux projet d’aménagement de la corniche existe afin de développer son accessibilité pour les loisirs et le tourisme. Il est vrai qu’aujourd’hui il est souvent compliqué de partager les trottoirs avec les vélos électriques qui ont tendance à considérer qu’ils sont prioritaires… Souhaitons juste que ce projet voie le jour…
Enfin, une fois arrivé au bout de la corniche, il est possible de prolonger la balade soit en partant tout droit vers les Sablettes, voire vers Saint-Mandrier par la mer pour les plus courageux, ou sinon, vers Mar Vivo, La Verne, et même Fabregas... Sinon, on pique à gauche vers les bases logistiques des parcs à huitres et on s’offre une dégustation, par exemple chez Giol ;-) (mais alors pas au lever du soleil pour cette option…).
Pour le retour, on revient simplement sur ses pas.
Lieu de tournage
La corniche de Tamaris a servi de lieu de tournage en 1967 pour le film Le Petit Baigneur de Robert Dhéry, avec Louis de Funès. Lors des scènes du lancement du bâteau et de la poursuite de Michel Galabru, on voit ainsi la rade de Toulon, la baie et la corniche de Tamaris, le Fort Balaguier, La Seyne-sur-Mer et les Monts Toulonnais. En savoir plus grâce à cette vidéo.
Michel Pacha, homme d’affaires et bâtisseur
Marius Michel, comte Michel de Pierredon, dit Michel Pacha né le 16 juillet 1819 à Sanary sur Mer, alors appelée Saint-Nazaire, et mort le 6 janvier 1907 à la Seyne sur Mer, fût un marin et homme d’affaires français, au destin exceptionnel. Son œuvre principale fut la modernisation des phares et balises d’une grande partie des côtes de l’Empire ottoman. Il en retira le titre honorifique de Pacha par le sultan Abdülhamid Il en 1879 et une immense fortune.
Maire de Sanary de 1865 à 1871 et de 1892 à 1894, Michel Pacha réalisa de nombreux aménagements dans le petit port de pêche. C’est également lui qui, à partir de 1878, reconstitua un "Petit Bosphore" sur la corniche de Tamaris, à la Seyne-sur-Mer, près de Toulon et en fit une station balnéaire à la mode. La réalisation de ce projet ambitieux, sur les soixante hectares qu’il avait achetés en 1880, dura une vingtaine d’années et demanda un travail de titan. Il fit creuser les collines pour combler les marécages, construire une digue et aménager une corniche où serpentait la route côtière. Il y fit ériger un château, un grand hôtel, un casino, un institut de biologie marine et une quarantaine de villas d’inspiration ottamane.
Les riches estivants se pressèrent dans ce nouveau lieu de villégiature jusque dans les années 20, ainsi que des artistes (Camille Saint-Saëns, Gabrielle d’Annunzio, Auguste Renoir, Gustave Eiffel, Jean Cocteau, George Sand, les frères Lumière…).
Malheureusement, de nombreux édifices et des villas disparurent lors du bombardement américain de 1944. Sur les 35 villas d’origine, une vingtaine d’entre elles existent encore, plus ou moins reconstruites.
Des visites guidées sur le thème “Tamaris, le rêve oriental” sont régulièrement organisées (une à deux fois par mois).
Photo projet corniche Tamaris : ©Agence GUILLERMIN - ATU